Ighil Ali (Kabylie)

Ighil Ali (Kabylie)

 

Introduction

 

En septembre 2014 à St Félicien (07410), une habitante de Kabylie, Nadjat Belarbi, nous fait découvrir son village d’Ighil Ali, son patrimoine et sa chorale.

En septembre 2015 après une année de tractations, le Terroir Pays de St Félicien accueille la chorale « Anza N’Taos Amrouche » qui donnera une série de 5 concerts dans différents Terroirs de Planète Terroirs.

En avril 2017, des représentants de St Félicien, de Nîmes et de Bellegarde (entre Nîmes et Arles), vont répondre à l’invitation du maire d’Ighil Ali et découvrir cette région montagneuse de Kabylie et surtout l’accueil réservé par ses habitants.

Depuis, 3 autres voyages vers Ighil Ali ont été effectués qui ont permis non seulement de créer des liens d’amitié mais aussi de mettre en place des projets. Le premier étant les échanges entre l’école primaire d’Ighil Ali et l’école privée de St Félicien.

Un autre projet démarre avec une association d’apiculteurs pour des formations et des aides au développement.

COMPTE RENDU DES MISSIONS

Mission à Ighil Ali du 12 au 21 avril 2018

Les espaces
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Compte rendu de la Mission à Ighil Ali du 12 au 21 avril 2018
Par:     Carmen Caillet, Anne Schmitt et Philippe Bouvet

 

 

1er objectif : visite à l’Institut Français à Alger
Comme prévu, dès notre arrivée à Alger nous nous sommes rendus à l’Institut Français.
Nous y avons été reçus par Chistel Potdevin, vice-présidente. Un échange très intéressant et fructueux pendant une heure.
Sur les liens entre les écoles elle nous demande d’obtenir l’accord du maire d’Ighil Ali.
Elle nous indique que désormais, en mettant en place des projets, ce n’est plus par l’Institut que nous devons passer mais par les services spécialisés de l’ambassade dont elle nous donne les liens.
La condition première pour travailler avec l’ambassade est que ce soit des rapports entre associations ou coopératives françaises et kabyles.
Les associations françaises, comme Planète Terroirs, peuvent, elles aussi obtenir des aides tout comme les associations algériennes.
Madame Potdevin nous propose ensuite de nous rendre à la médiathèque de l’Institut où nous rencontrons l’animatrice Zahia Mezaoui. Carmen Caillet échange longuement avec elle, en particulier sur les livres pour enfants.
Mme Mezaoui l’informe des animations littéraires qui ont lieu à longueur d’années pour les enfants. Un échange de documents par mail est envisagé pour travailler en collaboration et proposer des projets d’animation à la fois à l’Institut français et à Ighil ali.

2ème objectif : rencontrer le maire d’Ighil Ali
Etant donné qu’il s’agissait pour nous de notre 1er séjour depuis l’élection de monsieur Larbi Laradi, il était normal de lui expliquer les buts de notre démarche là-bas et de voir sur quelles bases pouvait s’établir notre relation.
Le 13 au soir, le maire est venu nous voir à 21h30 et nous avons échangé pendant deux heures.
Sur l’échange entre les écoles, Carmen Caillet lui a demandé son accord, comme nous l’avait suggéré l’Institut. Il donne totalement son accord sans aucune réticence. Le projet de la valise pédagogique verra donc le jour mais sous l’égide de l’APC par le biais de la bibliothèque. Des animations autour d’albums de littérature française pourront être envisagées à la bibliothèque en direction des enfants du primaire lors d’un prochain séjour.
Sur le Patrimoine, il semble que ce chapitre l’intéresse beaucoup, il nous signale même un lieu qui serait à voir et très peu connu (ruines de Vouni à l’embranchement de la route de Kalaa). Son accord nous permet d’officialiser notre visite au village de Kalaa mais aussi d’envisager d’autres lieux comme la casbah d’Ighil Ali, par exemple.
Sur le plan des associations culturelles, il nous promet d’organiser une réunion avec elles dont il doit se charger dès le lendemain. Elle n’aura pas lieu pendant notre séjour.
Il est bien certain que pour nous il y a un grand changement par rapport au maire précédent, Djamal Djoulaït. A aucun autre moment du séjour nous ne le reverrons, excepté quelques minutes de sa présence à une formation sur la greffe des oliviers. En repartant vers Alger, il a demandé à ce que nous passions chez lui. Une poignée de main et cinq minutes de banalités.

3ème objectif : la création d’associations locales kabyles pour entamer relations spécifiques et projets.
Notre ami Djamal devait mettre en place une association regroupant des producteurs d’huile d’olive et des producteurs ou productrices de piment. Il faut savoir qu’il existe deux écoles au sein des producteurs d’huile d’olive. D’une part ceux qui sont fidèles à la tradition et ne récoltent leurs olives qu’à partir du 15 décembre et ceux qui les récoltent vertes dès la fin octobre. D’autre part celles récoltées en décembre ont un taux d’acidité qui ne leur permet pas d’être exportées, vers l’UE en particulier. Les discussions semblent avancer vers un compromis, une partie de la récolte faite en octobre pour l’exportation et une autre partie faite en décembre pour le marché local.
Djamal a décidé de déposer une demande de création d’une coopérative. Avant de s’occuper de l’huile d’olive et du piment, elle serait basée sur la production et la vente de l’ail pilé mélangé au piment, à la coriandre et à l’huile d’olive. Ce produit peut être lancé rapidement et commercialisé. Les statuts de cette coopérative doivent être déposés dans les jours qui viennent. Nous avons insisté sur le fait que dans cette coopérative doivent être présentes, des femmes, dont au moins une productrice de piment. En effet, ce sont elles qui, traditionnellement réalisent le travail sur le piment, en kabylie.
Sur le plan de l’agriculture, nous avons une très bonne nouvelle. Une association, dont nous avions rencontré un représentant à la Foire Agricole du mois d’octobre dernier, a demandé à nous rencontrer. Cette association travaille sur l’apiculture et l’environnement. Son slogan « une maison, une ruche ». Ils sont 80 membres dont la moitié d’apiculteurs. Pour les apiculteurs de la région, ils ont mis en place une « brigade d’intervention » pour aider les apiculteurs ayant des problèmes. Ils ne se font pas payer mais demandent une adhésion à leur association. Pour favoriser l’apiculture ils travaillent sur le réensemencement de fleurs mellifères et arbres fruitiers ou autres comme l’acacia. Ils sont très intéressés par des liens avec nous. Il faut savoir qu’ils travaillent avec un centre de formation professionnelle, dont une représentante était présente.
A nous de trouver une ou deux personnes chez nous que nous pourrions mettre en contact avec eux. SI projet il devait y avoir, voilà quelque chose qui pourrait intéresser l’ambassade.
Dans le domaine culturel, il y a d’ores et déjà deux associations existantes mais il serait préférable, nous semble-t-il, qu’elles travaillent ensemble sur un projet commun au lieu de se disperser. Ce serait plus facile pour nous aussi. Les choses ont l’air de bouger dans ce domaine mais attendons (inchallah).
Enfin, pour ce qui est du patrimoine, Anne Schmitt a pu se rendre compte de la richesse du site de Kalaa. Nos deux amis là-haut, Khaled Graba et Cherif Saïd sont en train de créer une association de sauvegarde du Patrimoine de Kalaa. Elle a toutes les chances d’aboutir. Pour rappel, il faut savoir que Khaled Graba est l’ancien Secrétaire d’Etat au Tourisme Algérien. Lors de notre visite cette fois il était absent, rappelé par le Premier Ministre et le ministre du tourisme pour organiser un colloque à Dubaï. Mais il a tenu néanmoins à nous joindre par téléphone pour s’en excuser et préciser les projets qu’ils comptent mettre en place.
Sur le plan du patrimoine, toujours, le maire nous avait indiqué un site où il y a des pierres qui pourraient être des ruines mais demanderaient déjà plusieurs jours de reconnaissance. N’oublions pas, non plus, la casbah d’Ighil Ali et ses maisons traditionnelles dont beaucoup sont en très mauvais état.

En conclusion.
Il nous semble que désormais, après quatre missions pour des échanges amicaux, nous pouvons entrer dans le vif du sujet entre nos deux territoires. A nous aussi de préparer cela.
Sans entrer dans les détails ici et compte tenu du déroulement de cette mission, l’organisation de nos séjours en Kabylie va changer.
L’invitation, nécessaire pour l’obtention du visa, ne sera plus fournie par la mairie d’Ighil Ali mais par l’association de Djamal. Ce sont nos amis là-bas qui assureront les transports. On pourra désormais être plus de trois par voyage. Ils refusent toute rémunération pour l’hébergement, le transport et la nourriture mais peut-être pourrions-nous, par compensation, mettre quelques sous dans leur coopérative ?
Philippe Bouvet se propose pour les mises en relations des personnes et pour assurer la coordination entre les projets.

Quelques belles images des paysages d’IGHIL ALI (pour les voir en grand cliquez sur la première et faites défiler)

Images de l’artisanat local d’IGHIL ALI (pour les voir en grand cliquez sur la première et faites défiler)

Cas du village d’Ighil-Ali (Algérie)

 

« Ressources locales au service du développement »
par :
Nadjat Belarbi,
Ingénieure agronome de l’ENSA d’Alger

Préface:
Eric Barraud

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